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Retour en Afrique pour former des managers du groupe Nestlé sur l'assertivité


Je suis curieuse, avide de nouvelles expériences et l’opportunité m’a été offerte de partir en Afrique, en côte d’ivoire plus précisément pour former une quarantaine de managers du groupe Nestlé sur la thématique de l’assertivité en novembre 2014.
C'était ma première expérience professionnelle dans ce pays, même si je le connaissais déjà pour y être partie à l’aventure il y a une vingtaine d’années.

Pour m’engager dans cette nouvelle expérience il a fallu faire fi des commentaires « Il y a Ebola, tu prends des risques ! » « Avec ce qui se passe dans le monde .. ! »
Je suis partie au moment ou les médias parlaient du virus Ebola et du guide Français qui venait de se faire assassiner. Moi j’avais plutôt peur du voyage en avion !

Ma première étape a été de distinguer mes peurs de celle des autres et de me renseigner auprès de différentes sources pour essayer d’obtenir une information objective.

Retour en Afrique pour former des managers du groupe Nestlé sur l'assertivité
J’ai décidé de partir et je me suis félicitée de mon choix. L’expérience fut riche.
J’ai formé pendant 9 jours, trois groupes de managers composés paritairement d’hommes et de femmes.
J’ai rapidement reconnu l’ouverture, la chaleur, la joie communicative des Africains.
J’ai rencontré des stagiaires très impliqués et participatifs. En réponse à une question 10 mains se levaient. Tout en étant très conviviaux et plein d’humour, les stagiaires faisaient preuve de professionnalisme : Le souci de préserver les valeurs de l’entreprise, une grande aisance dans la clarté et la concision de leurs propos, une pertinence dans les feed-back quant aux jeux de rôles.
Ils manifestaient également de la reconnaissance envers leur entreprise pour leur avoir permis de suivre cette formation.


Retour en Afrique pour former des managers du groupe Nestlé sur l'assertivité
J’ai cheminé pas à pas en les questionnant sur leurs pratiques professionnelles, sur leur culture afin de mieux appréhender les différences avec le public Français.
Mais je me suis souvent rendu compte que comme les Français les limites qu’ils évoquaient (par exemple ne pas oser dire non à son patron, faire une critique à un collaborateur) étaient plus souvent des barrières individuelles que culturelles.
Pour anecdote un stagiaire me dit « Sylvie on ne peut pas dire « non » à son chef c’est culturel, mais une autre stagiaire prends la parole pour exprimer qu’elle dit régulièrement non à son patron alors je lui ai alors posé la question de savoir si elle aussi était d’origine Africaine, elle me répondit oui en souriant »




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En allant à la rencontre de la différence (culturelle, identitaire, physique, fonctionnelle…) nous avons souvent peur de froisser, de blesser, de créer des conflits. Connaissant peu les us et coutumes Africaines je me demandais si les règles de fonctionnement utile pour l'efficacité et la dynamique de groupe que je pose dans tous les groupes en France, entre autre le respect des horaires et la nécessité d’éteindre le portable pendant la formation, allait ou pas à l'encontre de leurs pratiques. Voici deux réactions quant à la règle du portable ….
Un stagiaire me réponds ne pas être d’accord avec la règle du portable éteint car il souhaite le conserver allumé « au cas où il y ait un problème dans sa famille ».
Je lui fais préciser s'il y a un réel problème dans sa famille. Il me répond « non, c’est au cas où », alors je lui demande d’éteindre son portable, car pour ce motif, cette règle peut être transgressée par tous, intervenante comprise.
Le week-end cette personne m’a appelé pour me faire visiter Abidjan, comme quoi elle ne me tenait pas rigueur de ma rigueur !
De même une autre personne sortait régulièrement pour téléphoner, je la questionne à la pause pour vérifier si elle rencontre un problème particulier. Après discussion, nous convenons qu’elle éteigne son portable. A la fin de la formation cette personne est venue me voir et me dit « je vous remercie pour la manière dont vous m’avez exprimé votre désaccord ».

L’assertivité permet ces petits miracles ! Ici le fait d'exprimer mes limites tout en respectant la personne permet de maintenir le lien, la relation à l'autre tout en se faisant respecter.

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Les sources d’enseignements pour aborder une nouvelle expérience humaine :

• Ecouter d’une oreille les peurs des autres et de l’autre écouter son propre ressenti
• Plutôt que de cheminer dans la peur de l’inconnu, de faire des erreurs, de blesser: être curieux, s’intéresser à l’autre, lui poser des questions pour mieux le connaître
• Faire abstraction de ses a priori, de ses préjugés pour faire sa propre expérience et découvrir l’autre avec le plus de neutralité possible.

Retour en Afrique pour former des managers du groupe Nestlé sur l'assertivité
Alors en 2015 tentez de nouvelles expériences humaines ! Sortez de votre zone de confort !
Allez déjeuner avec un collègue que vous connaissez peu ou pas, échangez avec une personne très différente de vous, intéressez vous à une culture différente, une façon de faire différente …
Si vous n’osez pas tenter ces expériences, demandez-vous quels motifs, quelles preuves réelles vous empêchent de passer à l’action ?



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